Témoignage de Sylvain

Entrevue avec Sylvain de Réseau Hommes Québec  

« Je suis allé en thérapie, mais ce n’était pas suffisant. J’avais un tel besoin de m’exprimer, d’être écouté, de ventiler. C’est pas évident dans notre société de trouver de l’écoute. Il y a toujours plein de monde pour te donner des conseils, ou encore te dire « Ça va s’arranger avec le temps ».
 
Et c’est au groupe ouvert de Réseau Hommes Québec que j’ai trouvé ce qu’il me fallait. J’y suis arrivé par hasard. En 2011, j’étais en arrêt de travail depuis 2003. Je voyais une psychologue dans le cadre du programme d’aide aux employés offert par mon employeur. Et c’est cette psychologue qui m’a remis un dépliant de Réseau Hommes Québec. À cette époque de ma vie, j’avais baissé les bras, je me disais que je ne trouverais pas l’aide qu’il me faut. 
 
J’ai pris un certain temps à appeler à Réseau Hommes Québec. Puis quand ils m’ont rappelé je me suis décidé à y aller. Je n‘avais plus rien à perdre. Je suis allé au groupe ouvert et là tout a changé ».  
 
Celui qui parle se nomme Sylvain. Il vit avec des troubles anxieux sévères depuis qu’il est adolescent. Quelque temps après son union en 2003, il tombe en arrêt de travail à cause de ses troubles anxieux. Il reçoit une indemnité de remplacement de salaire de l’assurance. Sur le plan moral, il essaie malgré tout de rester occupé, il bricole, fait des rénovations sur la maison. Il est actif quoique médicamenté avec des antidépresseurs. Puis le couple a un enfant. Sylvain nouveau papa à 40 ans prend soin du bébé comme une mère pendant les 9 premiers mois. En 2008, toujours en arrêt de travail, il aide sa femme à démarrer son entreprise.
 
Le couple bat de l’aile, la tension est grande. Sylvain qui a laissé à sa conjointe le soin de tenir les comptes constate que leur situation financière est terrible, le couple est endetté. Puis en 2011, sa conjointe le quitte, brusquement. Il ne parvient pas à obtenir la garde partagée de leur enfant, seulement des droits de visite. Là, Sylvain est complètement dévasté. C’est à cette époque qu’il découvre le groupe Réseau Hommes Québec.
 
« J’ai trouvé au groupe ouvert une qualité d’écoute chez les hommes, une chaleur humaine que je n’avais jamais rencontrée avant. Dès ma première rencontre dans le groupe ouvert, les hommes m’ont laissé tout le temps dont j’avais besoin pour exprimer mes émotions : colère, peine, déception, humiliation, rejet, abandon. Même les silences étaient respectés. 
 
J’avais le droit d’être faible, d’être triste, d’être en colère. C’était tellement libérateur! En parlant, je prenais conscience de ce qui s’était passé, je voyais clair dans mon problème. Et c’est ça la magie de l’empathie. J’ai réalisé que je pouvais décider des changements, modifier mon schème de pensée. Tout d’un coup, je trouvais moi-même mes solutions!
 
C’est cet effet-là de synergie du groupe d'entraide que je n’avais pas réussi à obtenir en thérapie individuelle. Cette synergie te permet d’aller plus loin dans tes prises de conscience et dans ton développement. »
 
En 2012 Sylvain a rejoint un groupe fermé de Réseau Hommes Québec. La formule de RHQ est simple. Le groupe ouvert est celui qui accueille les nouveaux. Il est accessible en tout temps. Un bénévole anime les rencontres du groupe ouvert. Quand le groupe ouvert est assez nombreux, 8 à 10 hommes en général, les hommes sont invités à former un groupe fermé autogéré. Un modèle de fonctionnement et de règles est proposé aux hommes, toujours basé sur les principes et l’approche du fondateur Guy  Corneau.
 
En Outaouais, on trouve 7 groupes fermés autogérés. Un homme coordonne ce réseau, c’est Sylvain. La chaîne d’entraide continue. Sylvain dit qu’il veut redonner aux autres ce qu’il a reçu!
 
 
Propos recueillis par Monique Pellerin, le 26 avril 2013.